Comment expliquer aux personnes âgées qui vivent dans nos établissements que demain nous n’aurons même plus les moyens de faire ce que nous faisons aujourd’hui ? Ce que nous nous reprochons déjà parfois de faire un peu trop vite d’ailleurs, déjà par manque de bras , déjà par manque de temps ?
Comment leur dire que, comme eux, nous avions cru au Plan Solidarité Grand Age dans lequel le Gouvernement annonçait fin 2006 sa décision « d’augmenter significativement le nombre de soignants auprès des personnes âgées ».
Et comment leur annoncer qu’il leur faut, comme nous, renoncer à « passer d’un ratio moyen de 0,57 agents pour 1 résident, tous personnels confondus, à 0,65 pour 1 résident » comme cela avait été pourtant officiellement annoncé ?
Echange intergénérationnel autour du travail
Le COS est entré de plain pied dans " l'année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations ".
Et notamment le nouvel établissement Saint Philibert à Dijon qui a rejoint le COS.
Article du site du journal "Le Bien Public" publié le 24/01/2012 :
(http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2012/01/24/echange-intergenerationnel-autour-du-travail)
À la maison de retraite Saint-Philibert, les rencontres entre générations sont une habitude bien ancrée. Jeudi, ce sont les élèves de la classe de 3 e découverte professionnelle du collège Saint-Joseph, emmenés par leur professeur de français, Marie-Laure Neault, qui sont venus débattre avec les résidants sur le thème “Le travail : une passion, une bénédiction, une punition”. « Le thème choisi, a expliqué Marie-Laure Neault, s’inscrit dans une séquence sur le travail d’hier et d’aujourd’hui et participe également aux leçons de citoyenneté. » Les résidants se sont relayés au micro, racontant des tranches de vie, évoquant la période de l’Occupation, le STO, les études brisées par la guerre, l’importance du certificat d’études il y a soixante ans, autant de choses dont ces jeunes de 14 à 15 ans ignoraient l’existence. Les élèves, quant à eux, ont parlé des métiers qu’ils envisageaient : menuisier, plombier, horticulteur, pompier professionnel, etc., leurs choix entraînant nombre de commentaires de la part des résidants.
Saint-Philibert accueille actuellement quatre-vingt-dix-huit résidants de 70 à 106 ans et a subi dernièrement une vaste réorganisation. Le conseil d’administration a fait appel au Cos (Centre d’orientation sociale), qui gère une trentaine d’établissements en France, pour relancer une dynamique basée sur le résidant. Un directeur par intérim, Benoît Vandermeersch, a été nommé et l’accent a été mis sur l’animation et le travail en réseau.
“Tout faire pour la personne, ne rien faire à sa place”, telle est la nouvelle devise de Saint-Philibert.

Une rencontre animée autour du travail entre résidants et élèves. Photo Denis Messelet