2011 : l’année européenne du bénévolat et du volontariat
28 février 2011 | Par DPLa politique du COS est d’ouvrir ses établissements à la vie de la cité, de mettre ses installations et équipements à disposition des associations locales, sportives et culturelles, de favoriser la vie sociale et les échanges humains pour le plus grand bénéfice des personnes accueillies.
Les personnels en charge de l’animation sociale dans les établissements du COS bénéficient désormais d’une coordination associative et d’un espace collaboratif permettant l’échange d’expériences et de savoir-faire. Ils sont engagés dans des formations dont l’objectif est, entre autres, le développement du bénévolat et du travail en réseau avec les associations locales.
Une ancienne salariée du COS, que j’ai rencontrée récemment et qui avait travaillé au siège auprès de l’abbé Glasberg, me racontait qu’elle l’avait souvent entendu dire qu’il était contre le bénévolat dans les établissements.
Je n’ai personnellement pas eu la chance de travailler avec le fondateur du COS mais je suis persuadé que nous ne trahissons pas son engagement en ouvrant aujourd’hui largement nos portes aux personnes bénévoles.
L’engagement des fondateurs du COS dans l’action sociale s’enracine dans les premières heures de la résistance. Ce n’est pas par charité qu’Alexandre Glasberg prend tous les risques du grand résistant qu’il fut, au point d’être en 1943 condamné à mort par les occupants nazis, mais c’est, par exigence morale qu’il décide de combattre pour la liberté et le respect de la dignité humaine, contre la barbarie et contre l’injustice. Quand il crée en 1944 avec Nina Gourfinkel et Ninon Haït Weil, ce qui sera le COSE (Centre d’orientation sociale pour étrangers) ce n’est pas pour faire, dit-il, «une action de bienfaisance mais c’est par souci de justice».
Poursuivant après la guerre son engagement dans l’action sanitaire et sociale, Alexandre Glasberg n’aura de cesse de professionnaliser les établissements et services du COS pour en faire des structures de référence, reconnues pour leur rigueur, leur qualité et leurs innovations. Il a ainsi été un acteur essentiel dans la mise en œuvre d’une réelle politique de l’action sociale en France, de la fin des années 40 jusqu'aux années 80, une politique qui cherchait effectivement à organiser, règlementer et professionnaliser l’action sociale.
Mais cette professionnalisation n’a fait disparaître ni les besoins sociaux ni la nécessité de s’appuyer, pour y répondre, sur le concours de bénévoles. L’accroissement, à la fin des années 80, de l’exclusion sociale dû aux profondes mutations de notre société (technologiques, économiques et sociales) a, au contraire, donné encore plus de sens et de force au mouvement bénévole, synonyme pour beaucoup d’un engagement citoyen.
Sans doute, Alexandre Glasberg aurait-il préféré cette notion de citoyenneté qui est reprise dans la formulation de l’union européenne : « 2011, année européenne des activités de volontariat pour la promotion de la citoyenneté active ». Le volontariat dans l’acception anglaise du terme, ne distingue pas les notions de bénévolat et de volontariat. Ce que retient le Conseil Européen c’est la volonté du citoyen de prendre une part active dans la vie de la cité.
Le COS entend participer à cette année européenne pour la promotion de la citoyenneté active, en mettant à l’honneur les centaines de bénévoles qui interviennent quotidiennement, en lien avec les professionnels, auprès des personnes accueillies.
Le service que rendent, par leur seule présence parfois, tous ces volontaires auprès des personnes dépendantes, auprès des handicapés, auprès des demandeurs d’asile et des réfugiés poursuit le combat mené par les fondateurs du COS, pour la justice envers les plus vulnérables et pour le respect de la liberté et de la dignité humaine.
Daniel PARENT